LA PASSION DU BAMBOU

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La densité du bambou varie de 500 à 800 kg/m3.

Ses propriétés mécaniques diffèrent en fonction

de l'espèce, l'âge (optimum à 3-4 ans), les conditions

pédoclimatiques, l'humidité des cannes, et de

leurs longueurs. Mais dans tous les cas, les propriétés

mécaniques du bambou, soumis à une force

de compression ou de tension, sont excellentes. Il

est aussi résistant que le bois, et des espèces sont

plus résistantes que le Shorea robusta, et le Tectona

grandis (Sattar, 1995), plus connu sous le nom de

teck.

Des données de laboratoire concernant sa résistance

ont été publiées par Purwito, en 1998 :

Résistance tension : 1000 à 4000 kg/cm²

Résistance compression : 250 à 1000 kg/cm²

Résistance flexion : 700 à 3000 kg/cm²

Module d'élasticité : 100.000 à 300.000 kg/cm²

Le bambou est flexible, mais il est dur, car il

contient une forte teneur en silice. Il est plus performant

que le graphite si on le considère du point

de vue ratio poids/résistance. Sans être cassant. La

structure fibreuse du bambou permet de constater

des contraintes trop importantes, et laisse le temps

pour une réparation ou une consolidation, avant

une éventuelle rupture.

La Nasa l'a étudié en vue d'éventuelles utilisations

spatiales.

Il est surnommé l'acier vert.

Un des avantages écologique du bambou est le

peu d'énergie nécessaire à sa production et à son

utilisation.

Une comparaison de la balance énergétique (l'énergie

nécessaire pour produire une unité de matériel

de construction avec un même niveau de capacité

à supporter une charge, exprimée en MJ/m3 par N/

mm²) de différents matériaux est TRES largement

favorable au bambou :

Ciment : 240 Acier : 1500

Bois : 80 Bambou : 30

Il faut donc 8 fois moins d'énergie pour créer un

bâtiment en bambou, qu'en ciment, pour une même

capacité. Et 50 fois moins qu'un bâtiment en acier

(Roach 1996).

Une telle différence s'explique tout au long de son

cycle de vie. Sa culture ne nécessite pas d'intrants

utilisent beaucoup d'énergie pour leur production

et utilisation), et sa récolte est manuelle. Son

transport et sa transformation ne nécessitent pas de

grosses machines, consommatrices d'énergie.

Une structure en bambou peut durer facilement 30

ans, en ayant été convenablement traitée lors de sa

conception. Mais cette durée de vie est beaucoup

plus longue en entretenant la structure (comme une

maison en bois), et en remplaçant, le cas échéant,

des éléments qui auraient été endommagés.

Le faible poids du bambou, et sa relative élasticité,

en font un excellent matériel de construction

en zone sismique. Gutierez (1998), rapporte

le cas de 30 maisons en structure bambou, qui ont

résisté sans problème à un séisme de magnitude

7,6 au Costa Rica, alors que la plupart des édifices

en béton armé, eux aussi construit prêts de

l'épicentre, se sont effondrés, ou ont été gravement

endommagés.

L'écologie même du bambou représente un avantage

environnemental.

La croissance rapide, et donc sa capacité à se régénérer,

en font une ressource renouvelable. On

a constaté qu'une bambouseraie de 70 ha permet

la construction de 1000 maisons par an (programme

en cours au Costa Rica). Sachant que les cannes

de bambou sont matures pour être utilisées en

construction quand elles ont 3-4 ans, leur récolte

est sélective et il n'y a pas de mise à nu du terrain

(associé aux risques d'érosion) comme pour une

exploitation forestière.

Si ces maisons devaient être construite en bois, il

faudrait CHAQUE année récolter ... et donc détruire,

600 ha de forêt.

La Colombie, un des pays réputés pour ses constructions

en bambou, ne compte que 40.000 ha de bambouseraie